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Massive Attack – Heligoland

Bon ça fait une semaine que je suis scotché par le nouveau Massive Attack et en particulier le titre Paradise Circus, avec la divine voix de Hope Sandoval. Le clip ci-dessous rend très bien l’ambiance étrange et irréelle de ce morceau. Il ne s’agit pas du clip officiel… La vraie vidéo est une critique de l’industrie pornographique, ce n’est pas aussi poétique !  Les images du « faux clip » sont tirées de The Fall, un film de l’indien Tarsem Singh (ce qui m’a fortement donné envie de le voir)

httpv://www.youtube.com/watch?v=O86iI7oXYfA

Paradise Circus (2010)

Massive Attack, c’est la légende du Trip Hop et de l’électro douce à écouter. Le groupe est né à Bristol, et sort en 1991 un album fondateur, Blue Lines. Il sera suivi de Protection (1994), Mezzanine (1998), 100th Window (2003) et finalement Heligoland (2010).

5 albums en 10 ans, on n’est pas dans une cadence de production infernale. Les Massive Attacks (qui ont du changer leur nom en Massive durant la guerre du Golfe) sont des artisans soigneux qui aiment travailler les sons et les ambiances et n’hésitent pas à inviter les plus belles voix à participer à leurs créations (Sinead O’Connor, Elisabeth Fraser, Hope Sandoval).

C’est hypnotique, relaxant, stimulant, étonnant, étrange, planant, inquiétant… Quand j’ai découvert Blue Lines, c’était le première fois que j’écoutais de l’électro sans avoir envie de me jeter par la fenêtre. Pas de Boum Boum qui fait vibrer les murs, mais des sons étonnants et des ambiances qui invitent au voyage et au rêve.

Heligoland est carrément le meilleur album de ce début d’année.

httpv://www.youtube.com/watch?v=7cL_1bmYCzs

Teardrop (1998)

httpv://www.youtube.com/watch?v=pS1YzUR3BYQ

Unfinished Sympathy (1991)

httpv://www.youtube.com/watch?v=Kf6xxjqPKmw

Protection (1995)

httpv://www.youtube.com/watch?v=tVoH6ZTDrD0

Special Cases (2002)

de Gainsbourg à Gainsbarre, en passant par Sfar

J’ai connu Gainsbourg sur le tard, lorsqu’il a sorti son ultime album en 1987 (You’re under arrest) et qu’il a enchainé avec un concert mythique (Le Zenith de Gainsbourg). A l’époque Gainsbourg était définitivement devenu Gainsbarre, un vieux pervers qui marmonnait des propos incohérents sur les plateaux TV et qui n’hésitait pas à sortir les pires saloperies pour s’amuser (« I want to fuck her » adressé à Withney Houston). Je me souviens de son opération du foie puis de sa « résurrection » en 1989, sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, où un nouveau Gainsbourg était apparu, rasé de près,  surexcité et sobre,  enchainant les blagues devant un Gildas médusé. Mais ce n’était qu’un sursis : Gainsbourg se remettait à boire et à fumer, et mourrait en 1991.

le vrai Gainsbarre, fin des années 80

Un personnage fascinant dont j’ai parcouru la discographie à rebours, découvrant le Gainsbourg Reggae, le Gainsbourg Rock, le Gainsbourg Yé-yé, le Gainsbourg Jazz… Comment a-t’il pu s’investir dans autant de styles musicaux, comment a-t’il fait pour séduire autant de belles femmes, pourquoi était-il aussi méchant ? Cet homme est un mystère ! Ce qui est sûr, c’est que c’était un compositeur et un parolier de génie, qui a marqué de son empreinte la chanson française, en collaborant avec un nombre impressionnant de chanteuses (de Michèle Arnaud en 1958 à Vanessa Paradis en 1990).

Gainsbourg, vie héroïque permet de revenir sur la vie de ce marginal. C’est un film ou plutôt un « conte » de Joann Sfar (auteur de BD prolifique), qui ne se veut absolument pas biographique. C’est un peu comme un livre d’images, qui permet de revoir la carrière de Gainsbourg, de ses débuts comme pianiste de jazz à la fin de sa vie comme artiste décadent et provocateur.

Gainsbourg Juliette Greco

Gainsbourg (Eric Elmosnino) et Juliette Greco (Anna Mouglalis)

Au fil des années, Gainsbourg rencontre un nombre impressionnant de belles femmes, qui défilent à l’écran (Greco, Bardot, Birkin, Bambou) et se transforme peu à peu en Gainsbarre. Le film est surtout une succession de sketchs. Si la première partie est passionnante, où l’on voit un pianiste maladroit et introverti se transformer en libertin et star du show bizz, la deuxième partie est moins palpitante et se résume à quelques images (Gainsbourg à l’hôpital, Gainsbourg chantant la Marseillaise, Gainsbourg plaqué par Birkin…).

Gainsbourg et Bardot (Laetitia Casta)

Gainsbourg et Bardot (Laetitia Casta)

Gainsbourg et Birkin

Gainsbourg et Birkin (Lucy Gordon)

Joann Sfar livre trés peu de clés pour comprendre son personnage et on reste sur sa faim à ce niveau. On ne saura pas d’où il puise son incroyable inspiration ni pourquoi il s’est auto-détruit à la fin de sa vie. Les proches et les amis sont à peine évoqués, et on ne verra Charlotte qu’une fois.

Gainsbarre

plaqué par Birkin, Gainsbourg est difinitivement devenu Gainsbarre

Le film nous plante aussi un peu abruptement, avec le couple Gainsbourg-Bambou et la naissance du petit Lucien. On ne suivra pas le héros jusqu’à la fin ultime et à la période « You’re under arrest ».

Il n’empêche que ce film est un vrai plaisir, grâce à ses interprètes (Eric Elmosnino, incroyable mimétisme avec Gainsbourg, Laetitia Casta en Bardot) et à beaucoup de créativité (le double de Gainsbourg, sorte de Mister Hyde). Un bel hommage, mais qui survole le sujet. Fallait-il se focaliser sur une seule période historique (comme ce qui a été fait pour Coluche) ? Pas évident, la vie de cet homme nécessiterait plusieurs films, et encore pas sûr qu’on en comprenne toutes les contradictions.

Tinariwen, le blues du désert

Aujourd’hui je partage un coup de cœur sur un groupe que j’ai découvert en écoutant Radioparadise.

<petit aparté>Radioparadise est une webradio américaine qui passe beaucoup de musique indépendante de qualité, dans un esprit totalement libre et non commercial. Moi j’y fais un tour dés que j’ai besoin de nouveauté et de musique anti-stress, et ça marche plutôt bien</petit aparté>

Bon, donc Tinariwen est un groupe de musiciens et chanteurs Touaregs, à composition fortement variable (ce sont des artistes nomades après tout). Dire que c’est un groupe de blues, c’est un peu facile (mouarf, des Hommes Bleus qui font du blues !) mais cela correspond bien à l’esprit. Tinariwen (nom qui signifie « les déserts » ou « lieux vides » en tamasheq) fait de la musique assouf (mot qui veut dire « nostalgie » et qui correspond à ce courant musical) et les textes parlent de la résistance touareg des années 90, de l’exil et de la souffrance du peuple du désert, condamné à une vie de misère par le gouvernement malien (heureusement les choses se sont un peu arrangées).

Au niveau musical, Tinariwen est un mélange insolite combinant guitare électrique, percussions traditionnelles, chœurs féminins et voix rauque de chanteur. Difficile de coller une étiquette sur un style qui mixe le blues de John Lee Hooker et  la musique traditionnelle touareg, mais c’est réellement envoutant et addictif.

Quelques infos sur Tinariwen : http://www.mali-music.com/Cat/CatT/Tinariwen.htm

La page Myspace du groupe, où on peut écouter de nombreux titres : http://www.myspace.com/tinariwen

Quelques infos sur la musique Assouf (blues touareg) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Blues_touareg