Lovely Bones

Lovely BonesLovely Bones, le dernier film de Peter Jackson, est sorti en salle en février 2009, et il vient seulement d’être disponible à la location (et après, les distributeurs vont se plaindre du piratage !).

Peter Jackson, c’est le Seigneur des Anneaux et King Kong, mais aussi Créatures célestes et Braindead. Lors de la sortie ciné de Lovely Bones (que j’ai loupé), certains critiques parlaient de chef d’œuvre tandis que d’autres évoquaient une guimauve indigeste. Se faire sa propre idée, très longtemps après, c’est bien aussi.

Lovely Bones est une adaptation d’un roman d’Alice Sebold, sorti en 2002, et que je n’ai pas lu. Une histoire très sombre, qui conte l’histoire d’une adolescente, assassinée par un voisin serial killer, et qui observe le monde depuis des limbes paradisiaques. A l’adaptation du roman on trouve Peter Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens, la fine équipe qui avait déjà travaillé sur le Seigneur des Anneaux. (Leur travail était globalement satisfaisant mais je leur pardonne mal certains choix de réécriture).

C’est Saoirse Ronan qui interprète la jeune défunte et sans aucun doute c’est le choix le plus réussi du casting. Cette demoiselle a une spontanéité et une fraicheur qui colle parfaitement au rôle. Elle était déjà assez bluffante dans la Cité de l’Ombre (2008).

Un certain Stanley Tucci joue le rôle du voisin pervers et son interprétation est glaçante. Pour finir, on trouve Mark Wahlberg (qui fait la gueule, comme d’hab) dans le rôle du père de la victime, Rachel Weisz dans le rôle de la mère, et Susan Sarandon dans le rôle de la grand-mère déjantée.

Ce qui frappe dans ce film, c’est tout d’abord le travail incroyable réalisé sur la couleur et sur la lumière. Il faut voir par exemple comment la jeune Susan est entourée d’un halo quasi angélique (on dirait Galadriel) ou comment le visage de l’assassin devient démoniaque et grimaçant juste à l’aide de quelques lueurs de bougies. Peter Jackson a fait là du bon boulot et il a évité les effets de mise en scène outranciers dont il est coutumier, en se contentant d’un travail sur les couleurs et les ombres au service de l’histoire. Il arrive également à filmer l’émotion et les sentiments avec une subtilité qu’on ne lui connaissait guère jusqu’à présent.

Stanley Tucci

Stanley Tucci dans le rôle du salopard de psychopathe

Moins réussis sont les passages des limbes célestes, gavés d’image de synthèse. C’est agréable à l’œil mais c’est  dégoulinant de couleur rose, de papillons et de de fleurs des champs. La voilà la guimauve ! En même temps, c’est le paradis imaginé par une fillette de 15 ans, ça se tient.

Saoirse Ronan et ses yeux bleus, l'archétype de l'innocente victime

Saoirse Ronan et ses yeux bleus, l’archétype de l’innocente victime

Au vu de la bande annonce, inquiétante et trépidante, je m’attendais à une enquête policière d’outre tombe, et une course contre la montre pour coincer le tueur avant qu’il ne fasse de nouvelle victimes. Et bien que nenni. De l’action il y en a très peu et le film se traine jusqu’à ce que la famille découvre l’identité du tueur (avec beaucoup de retard). Susan est un fantôme éploré et contemplatif, qui n’a aucune influence sur les évènements et n’arrive même pas à communiquer avec ses proches.

le paradis de susan

un paradis un peu indigeste

Il faut donc oublier l’aspect film d’horreur/thriller et voir Lovely Bones comme une comédie dramatique et un film philosophique sur la famille,  la mort, le passage à l’age adulte, etc…. Or sous cet angle, Peter Jackson se révèle plutôt mou du genou et déroule son histoire laborieusement, non sans produire un ennui certain. Il faut dire qu’il y a déjà eu des films et même des séries sur ce thème (l’excellent Dead like me par exemple) et on ne peut que regretter que Peter Jackson ait laissé de côté la violence et le dynamisme de ses précédents films.

Restent quelques moments inoubliables, comme lorsque le tueur amène Susan dans le traquenard qu’il a conçu pour elle, ou lorsque Susan découvre qu’elle n’est plus de ce monde (ça fait penser à la fin de Silent Hill d’ailleurs). Peter Jackson est sans aucun doute un cinéaste virtuose mais il n’est pas encore très au point comme raconteur d’histoire.

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