Terra Nova : de nouveaux territoires pour la SF ?

Terra Nova est une série qui revient de loin. C’est en février 2010 que l’on apprenait que Steven Spielberg signait avec la Fox pour lancer une série de SF à très gros budget, où une famille américaine du XXIIe siècle était envoyée au temps des dinosaures. Un concept alléchant, même si l’idée de revoir des scènes à la Jurassic Park n’était pas forcément très bouleversante.

Aux commandes on trouvait au début un pack solide de producteurs exécutifs: Steven Spielberg mais aussi Brannon Braga (Star Trek) et David Fury (Lost, 24h Chrono). Ces deux derniers ne sont pas parvenu à s’entendre et Fury a quitté la production pour « divergences artistiques ». S’ensuivit une longue, très longue phase de production, des problèmes de casting, un budget de plus en plus difficile à maitriser, une date de diffusion toujours repoussée mais finalement le pilote de la série a bien été diffusé, le lundi 26 septembre.

Le pilote de 1h30, avec un coût de plus de 20 millions de dollars, n’a réuni qu’un « petit » nombre de spectateurs américains lundi (9 millions). Les mauvaises langues commencent à parler de ratage historique.

Faut-il jeter le dinosaure avec l’eau du bain  ?

Bon le bon point c’est qu’il y a du budget. La première partie de la série (j’allais dire du film), qui se passe dans un futur sordide et industrialisé, est réellement bluffante, du jamais vu sur le petit écran, des images incroyables, à la fois belles et inquiétantes. On pense à Blade Runner (pour le côté industriel) ou à Minority Report (pour le côté high tech et glacé). Dans cette vision stressante du futur (surpopulation, pollution, pénurie alimentaire, régime totalitaire), une famille tente le tout pour le tout pour s’échapper et rejoint le projet Terra Nova, qui consiste à envoyer des colons à 85 millions d’années dans le passé. Ça commence donc très bien, malgré quelques trous dans le scénario (le héros, il s’évade comment de prison, au juste ?)

On passe un portail façon Stargate, et là, on se retrouve dans Jurassic Park avec un peu de Lost.

Bon, ça n’est pas vraiment mauvais, mais il y a un gros sentiment de déjà vu. On a droit à des attaques de raptors et de T-Rex, et des gens qui s’abritent derrière une barrière en bois (légèrement ridicule face à la faune locale). On a aussi un groupe d’individus hostiles, qui mènent des actions contre les gentils colons, et à des choses mystérieuses dans la jungle, dans la plus pure tradition Lost.

Il faut bien avouer que les effets spéciaux de la 2e partie, qui se passe à la préhistoire, sont nettement en-dessous de ceux du prologue, avec des incrustations d’acteur assez foireuses et des créatures synthétiques moyennement convaincantes. Les attaques de créatures en tout genre restent assez classiques, rien de nouveau sous le soleil (à côté, Nick Cutter et les portes du temps est plus inventif).

Côté personnages, c’est très familial, comme dans Falling Skies, l’autre production Spielberg du moment. On est dans de la pure comédie romantique pour toute de la famille, de 7 à 77 ans. Pas vraiment mon truc.

Le concept de base de Terra Nova, est pas mal, mais le grand lecteur que je suis n’a pas manqué de relever des similitudes avec certains grands classiques de la SF (par exemple Les Déserteurs Temporels de Robert Silverberg). Donc côté innovation, peut mieux faire. De plus l’aspect voyage temporel est rapidement abandonné au profit du style Jurassic Park, avec attaques de bestioles en tout genre.

Bref une semi-déception, j’attends de voir le reste de la série pour savoir si l’intrigue va se complexifier et si des choses étonnantes vont avoir lieu. Mais là, j’ai un très mauvais pressentiment…

 

 

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The Ward : John Carpenter revient en petite forme

Pour moi, John Carpenter fait partie des plus grands réalisateurs des années 80. Il a réalisé une quantité impressionnante de films cultes, qui ont marqué toute une génération. La liste est longue, je vais quand même citer mes préférés : Assault (1976), Halloween (1978), New York 1997 (1981), The Thing (1982), Prince of Darkness (1987), Ghosts of Mars (2001).

John Carpenter

John Carpenter a pratiquement toujours réalisé des films d’horreur et sa marque de fabrique est un style très classique, très sobre, et non dépourvu d’ironie et d’humour noir. Pas d’effets dramatiques mais une façon plutôt réaliste et très premier degré de poser sa caméra et de faire vivre les personnages. On pourrait lui reprocher un côté froid et peu sentimental, mais il arrive à créer de sacrés ambiances de frousse et de tension, alimentés par sa propre musique (souvenez-vous des petites notes répétitives et stressantes de Halloween). La plupart de ses personnages sont des survivants, hommes ou femmes confrontés à l’indicible et qui se battent pour rester en vie. Côté horreur, John Carpenter n’aime pas la surenchère gore mais quand il faut faire mal, il le fait, sans concession et sans ménager ses victimes.

Tous les films de John Carpenter ne sont pas des chefs d’œuvre, notamment quand il s’est essayé à la comédie romantique (Les aventures d’un homme invisible : au secours !) ou à la suite vraiment pas indispensable (Los Angeles 2013). Depuis 2001, si l’on met de côté 2 épisodes TV de Masters of Horror en 2006-2007, le Maître n’a plus donné signe de vie. Et pourtant John Carpenter reste présent, au travers les nombreux remakes de ses films (Assault, Halloween, Fog, The Thing…) et il est vrai que plusieurs de ses collègues des années 70-80 ont tenté un come-back peu convaincant (George Romero et Dario Argento).

Bref quand j’ai appris que John préparait un nouveau film, intitulé The Ward, j’étais à la fois méfiant et content. Est-ce que le maitre de l’horreur allait refaire son apparition et s’imposer parmi la nouvelle vague de réalisateurs un peu plus tournés vers l’esbroufe  ?

The Ward : une affiche plus attrayante que ce qu'on voit dans le film

The Ward (diffusé en janvier 2011 au Royaume Uni, toujours pas programmé en France) se passe dans les années 60 et raconte l’histoire d’une jeune femme (Kristen), internée en asile psychiatrique après avoir foutu le feu à une maison. Un étrange asile, où les jeunes patientes disparaissent les une après les autres et où rode un fantôme pas très affectueux. Kristen va se battre pour sa survie et tout faire pour découvrir la réalité.

Le bon côté de ce film, c’est que le style Carpenter est toujours présent, dans la façon de balader sa caméra à travers de longs corridors et de filmer des meurtres sans concession. Kristen est un personnage attachant (le seul personnage intéressant du film à vrai dire) et sa façon de ne jamais s’avouer vaincue force le respect.

John Carpenter dirige Amber Heard

Reste, que c’est triste à dire, mais le style Carpenter a vieilli, et que sa mise en scène calme et sobre parait beaucoup trop calme par rapport à ce qu’on fait aujourd’hui. Du côté de l’histoire, The Ward (un projet qui remonte à longtemps) est sorti après Inception et Sucker Punch. Le Twist final perd donc tout intérêt.

Globalement, il faut bien avouer que l’histoire qui est racontée dans ce film, n’est pas tellement dans le style John Carpenter, notamment au niveau de ce fameux twist, beaucoup trop tarabiscoté pour le maitre du classique. On dirait un film de commande ! D’ailleurs on sent bien qu’il ne s’est pas complètement investi dans le film (le fait qu’il n’ait pas signé la musique prouve son manque de motivation). Contrairement à ce que laissait imaginer la superbe affiche, on n’est pas dans un cauchemar rempli de monstruosités, façon l’Antre de la folie, mais dans un film très convenu et guère inventif. Le manque de budget est flagrant, et on dirait que le tout est filmé avec une certaine paresse.

Bref, un film qui se regarde sans déplaisir mais qui malheureusement n’est qu’un pâle reflet de ce que John Carpenter a pu réaliser autrefois…

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Green Lantern : la couleur de la nullité

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer un Green Lantern au cinéma. Il est clair que le groupe DC Comics-Warner veut marquer des points face à la déferlante Marvel. Sans doute DC-Warner veut montrer aussi qu’après Batman et Watchmen,  des films pas très joyeux, il est capable de sortir des films familiaux avec des super-héros funs et cools.

Ceci dit, je regrette bien que Green Lantern, que j’ai toujours personnellement trouvé comme un héros foireux, passe sur le grand écran avant d’autres persos emblématiques comme Flash, Wonder Woman ou Superman (dont le reboot est en cours de préparation). La version animée fournie par Warner Bros Animated en 2009 et intitulée Green Lantern : First Flight présentait néanmoins un scénario correct et une histoire épique à la sauce Star Wars, donc il y avait quand même un certain potentiel.

ça fait mal aux yeux tout ça

Hélas… ce Green Lantern au ciné, réalisé par Martin Campbell (Zorro) n’est vraiment pas terrible, tout comme le laissait prévoir la bande annonce.

La trame de l’histoire est ultra convenue : un type reçoit des super-pouvoirs, a du mal à s’assumer, avant de ressaisir et de flanquer une raclée au méchant et de devenir un vrai super-héros adulé par la foule, qui sort avec la plus belle fille du quartier. On a déjà vu ça un bon millier de fois. Le héros est un pilote d’aviation branleur et tête à claque (Ryan Reynolds), dont l’incompétence est flagrante, même muni d’un super anneau. Faut dire qu’il a été traumatisé par la mort de son père, pilote de chasse aussi (qu’est-ce que c’est original)

Sachant qu’il est un élu, soigneusement sélectionné parmi des milliers de candidats potentiels, il y a déjà un truc qui cloche. Hal hérite donc du poste de shérif intergalactique et d’un kit comprenant un anneau de type pochette surprise, une lanterne vintage et un costume horrible. Et en plus il n’y a pas le mode d’emploi.

Hal et son nouveau pote à tête de poulet

Le nouvel élu doit prendre au combat de la « force verte de la volonté » contre  la « force jaune de la peur » (un concept assez sidérant, qui a l’air tiré d’une expérience sous LSD). Ses nouveaux collègues lui assènent régulièrement des « un Green Lantern ne connait pas la peur » avant d’ajouter d’un ton sceptique « si tu as été choisi par l’anneau, c’est qu’il y a une bonne raison ». Même les anneaux magiques peuvent se tromper…

Pas le moindre souffle épique dans tout ça, le film est une grosse baudruche vide, alors que j’espérais des batailles de SF mélangées à de la fantasy, à la Star Wars. Il y quelques passages amusants quand Hal Jordan crée des tas d’objets loufoques pour combattre l’ennemi, mais c’est à peu prés tout. En plus les effets spéciaux sont vraiment hideux, et la 3D n’apporte rigoureusement rien.

rarement vu des FX aussi moches....

L’anime Green Lantern : Emerald Knights qui est sorti juste avant le film et qui approfondit la mythologie est à ce titre beaucoup plus inventif et intéressant. Et Hal Jordan fait pâle figure devant les personnages Marvel au ciné, qui sont beaucoup mieux écrits. Si Warner veut faire du fun, il y a vraiment du boulot ! J’espère que le prochain Superman n’ira pas dans le même sens…

 

 

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Space Battleship Yamato : quand les Japonais font du space opera

Ce n’est pas Star Wars, ce n’est Star Trek, ce n’est pas Battlestar Galactica et pourtant ça ressemble à tout cela. C’est le premier film japonais du genre Space opera (et pourtant cela fait des années que le genre est abordé au Japon au travers des animes et des jeux vidéo). Drôle d’objet cinématographique…

Il y a plusieurs Yamato derrière ce film. tout d’abord le Yamato historique, le plus grand des cuirassés jamais construits (1937-1945). Ce redoutable navire de guerre, symbole de la lutte et du courage au Japon, a fini ses jours en menant une attaque suicide contre la flotte américaine en avril 1945. L’épave est toujours sous l’eau et a été plusieurs fois explorée.

le vrai Yamato en 1941 (source Wikipedia)

Ensuite il faut parler du Yamato animé, imaginé par Akira Matsumoto en 1974. Ce fils d’un officier de l’armée de l’air est également connu pour avoir créé Albator et Gun Frontier. Son Space Battleship Yamato (ou Star Blazers aux États Unis) raconte l’épopée du vaisseau spatial Yamato au XXIIe siècle, parcourant l’univers et protégeant la Terre contre des extra-terrestres hostiles. Dans cette série, le vaisseau est d’ailleurs construit à partir de l’épave du cuirassé Yamato, et la fiction rejoint donc mon petit prologue historique.

le Yamato en 1974

En 2011, Space Battleship Yamato est devenu un film live, réalisé par Takashi Yamazaki.

Était-ce vraiment une bonne idée de créer un film live à partir d’une série culte ? Ca se discute…

Tout d’abord, il faut bien avouer que la réalisation est bluffante. Les Japonais ont digéré des années de jeux vidéo, d’animation et de Star Wars, pour en sortir un film vraiment impressionnant, dont les effet spéciaux laissent pantois. La mise en scène est sobre et plutôt classique, sans les effets énervants qu’on trouve dans les films récents (pas de style caméra à l’épaule) et un cadrage qui donne la part belle aux décors et aux costumes. Chaque envol du Yamato et chaque bataille spatiale sont un régal pour les yeux.

Maintenant, parlons de l’histoire…

Comment dire, c’est quand même très mièvre et très naïf, comme si on était plongé 20 ans en arrière, et si le cinéma des années 90 avait été occulté. Les acteurs surjouent, font des tas de grimaces, se sautent au cou, et deviennent vite insupportables. Le scénario accumule les invraisemblances, et le film semble avant tout être destiné aux enfants ou aux otakus. Le film véhicule aussi des messages dépassés sur l’héroïsme forcené, le sacrifice, l’extermination de l’ennemi… Ça fait un moment qu’on ne fait plus de films comme ça ! Une vraie guerre est nettement plus nuancée et complexe…

A côté de cela, il y a de fâcheuses ressemblances avec la série Battlestar Galactica. On retrouve par exemple un vaisseau spatial qui fait des bons PRL (pardon des bonds WARP) et qui protège l’humanité contre une civilisation hostile. Dans ce vaisseau, il y a une opposition marquée entre le commandant et le chef d’escadrille, et il y a aussi une attirance entre le chef d’escadrille et sa meilleure pilote. Tout ceci rappelle furieusement le triangle Adama-Apollo-Starbuck, non ?

Bon, j’arrête d’être mauvaise langue, il est possible que Galactica (2004-2009) ait pompé sur les différents animés Yamato (années 70-80) dont s’est inspiré le film Yamato de 2011.

Il est clair en tout cas que les Japonais peuvent faire du bon Space opera, et concurrencer Star Wars sans aucun soucis. Il faudrait juste trouver un scénario un peu plus frais et un peu plus moderne !

 

 

 

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Falling Skies : ET fait exploser maison

Depuis l’annulation de V, l’amateur d’extra-terrestres et de vaisseaux spatiaux n’a pas grand chose à se mettre sous la dent. C’est donc avec une lueur d’intérêt dans les lunettes que j’ai visionné Falling Skies, une production Dreamworks Television, avec Steven Spielberg en producteur exécutif.

 

Falling Skies se passe 6 mois après que des extraterrestres malintentionnés (comme souvent) aient déferlé sur Terre et décimé la population. On retrouve un groupe de rescapés qui tentent de résister à l’envahisseur et de survivre dans un univers post-apocalyptique.

Le thème n’est pas franchement original, vu la multitude de films de Space Invaders qui ont déferlé au cinéma ces dernières années. Parmi les plus récents (et les plus mauvais) on peut citer Skyline et Battle Los Angeles, mais le filon n’est pas fini…

Le fait de voir Spielberg à la production rassure un peu, étant donné que la Guerre des Mondes présentait quelques scènes d’action efficaces et réalistes  (mais un scénario peu convaincant).

En gros Falling Skies essaye d’être ce que Walking Dead est au film de zombies : une transposition télévisée instillant du suspense et du réalisme, prenant le temps de présenter les personnages et le background d’une façon un peu plus fouillée que d’habitude.

Difficile de se faire une idée après 2 épisodes, mais il y a quelque chose d’intrigant et des idées qui donnent envie de voir la suite (ce qui n’est déjà pas si mal). Le gros problème est le manque flagrant de budget alloué à la série (pourtant Dreamworks devrait avoir les moyens !) : les extraterrestres  et vaisseaux numériques sont peu crédibles (on a l’impression d’être dans Mars Attacks), et les décors réduits à la portion congrue. A ce niveau-là, Falling Skies pâtit beaucoup de l’univers apocalyptique (et gore) de Walking Dead. La violence est également très limitée, avec des rayons laser qui manquent toujours leur cible et des personnages qui s’en tirent sans une égratignure.

 

 Avec ces moyens limités et une direction artistique qui semble viser un public plutôt familial (on est plus dans le Soldat Ryan que dans Band of Brothers), les réalisateurs font ce qu’ils peuvent et arrivent à sortir quelque fois de bonnes idées. Par exemple, faute de budget, l’invasion extraterrestres et les batailles qui ont précédé l’histoire sont montrées par des dessins d’enfant, et ma foi, cela fonctionne plutôt bien. Il y a également des éléments qui laissent entrevoir une certaine dureté, comme ce chef de la Résistance qui se plaint de tous ces civils inutiles qu’il faut nourrir, ou le Bad guy qui fait son apparition au 2e épisode (et qui devrait logiquement rejoindre la Résistance, à moins que…)

Bref il y a de bons trucs dans ce début de série, qui pour le moment n’est guère portée sur le patriotisme et l’héroïsme forcené (au contraire des films cités précédemment). Une série à surveiller donc, en espérant qu’elle trouve sa vitesse de croisière et que cela sera un peu plus étoffé.

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