Centurion : attention ça picte !

CenturionLe dernier film de Neil Marshall a été honteusement traité par les distributeurs. Il n’est pas sorti dans ma ville, ni même dans mon département ou ma région. Il n’a eu droit à aucune campagne promotionnelle, pas même une bande annonce à se mettre sous la dent et même les critiques les plus underground ont ignoré complètement Centurion.

Bon sang de bois ! Comment peut-on ignorer le nouveau Neil Marshall, réalisateur des cultes Dog Soldiers, The Descent et Doomsday,  symbole du renouveau du cinéma britannique d’aventure et d’action horrifique ?

Il faut croire que Neil a fâché pas mal de monde ou que Centurion était vraiment mauvais…. Et bien non ! Centurion n’est pas si nul que ça, même s’il est en-dessous des précédents films de Neil Marshall.

Centurion, c’est l’histoire d’un groupe de soldats de l’armée romaine, perdus en territoire hostile (l’Écosse antique) et confrontés à une horde de barbares Pictes, à peu prés à l’époque de Gladiator (sous l’empereur Marc Aurèle donc). Le films s’inspire librement du destin de la Neuvième Légion, une histoire vraie…

On retrouve donc des ingrédients intéressants, un mélange de film historique, de survival horror et de film de guerre, avec des thèmes qui résonnent avec les précédents films de Neil Marshall (zone barbare séparée du monde civilisée, survie face à des hordes de barbares/monstres, personnage de femme guerrière…).

La réalisation est somptueuse, il faut le reconnaître. Filmé en Écosse, dans des paysages naturels qui laissent pantois, le film est d’une tonalité réaliste et brutale mais moins outrancière que dans Doomsday. Un peu plus subtil que d’habitude (enfin faut pas exagérer non plus), Neil Marshall tente de donner vie à une époque très lointaine et à des personnages qui résonnent bizarrement avec notre monde moderne (Romains vs Pictes = Américains vs Talibans ?).

Olga Kurylenko joue une farouche guerrière Picte

Olga Kurylenko joue une farouche guerrière Picte

Le réalisateur évite de choisir son camp en présentant des Romains et des Pictes qui sont aussi cruels et malveillants les uns que les autres. Seules quelques personnes se détachent du lot par un certain humanisme, mais le message est clair : à l’époque on ne se faisait pas de cadeaux !

Le film commence par un massacre en règle des forces d’occupation romaine, suivi de la formation d’une communauté (association de plusieurs rescapés de différentes origines sociales et nationalités) qui part mener une quête (libérer leur chef).

Voilà un bon point de départ, qui aurait pu donner lieu à un bon film d’aventure. Malheureusement la quête tourne court et nos Romains s’enfuient comme des lapins pendant tout le restant du film, poursuivis les Pictes. Ce n’est qu’à la fin (alors qu’ils ne sont plus que trois) que nos Romains décident qu’ils en ont marre de courir et qu’ils vont prendre leur revanche.

Neil Marshall

Neil Marshall sur le tournage de Centurion

Le film se résume donc à ça : des Romains qui se font tuer par des Pictes. Il y a bien quelques digressions pour essayer de nous présenter la culture de l’un ou l’autre des protagonistes, ou des passages de type Man vs Wild qui nous montrent (de façon pas très crédible) comment survivre dans une montagne enneigée en mangeant des champignons.

C’est là où Neil Marshall a foiré son sujet, hésitant trop entre le documentaire historique et le film de guerre, livrant un produit certes soigné mais bancal. Il aurait mieux fait de s’inspirer du 13e Guerrier ! Le scénario souffre aussi de nombreux trous et incohérences (comment diable le centurion Quintus Dias échappe à ses geôliers Pictes ?) et en définitive il n’y a pas assez de rebondissements et de surprises. Peut-être qu’un Director’s Cut arrangera tout ça !

En tout cas, Centurion fait passer un bon moment de sauvagerie et aurait mérité un meilleur traitement de la part de l’industrie du cinéma, vu les gros navets qui remplissent nos salles.

Résumé
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Centurion
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1 réponse

  1. Stéphane dit :

    Complétement d’accord avec toi. Pas un chef d’oeuvre, certes, mais pas au point de le traiter comme il l’a été.